Le 27 mars 2009, la distribution alimentaire d'hiver des Restos du C½ur prendra fin.
Cette année, l'association a fait face à une hausse sans précédent de 12,5 % du nombre de personnes accueillies au niveau national. Dans dix-sept départements (*) ruraux ou semi-ruraux, cette augmentation a dépassé les 20 %.
Pour venir en aide à ces 90 000 personnes supplémentaires (soit près de 800 000 personnes accueillies chaque jour de cet hiver), les Restos du C½ur ont débloqué un budget complémentaire de 5 millions d'euros pour réapprovisionner les 2 000 centres de distribution jusqu'à fin mars.
La collecte nationale organisée dans les grandes surfaces les 6 et 7 mars derniers a mobilisé 500 magasins de plus que l'an passé (3 200 au total) et devrait permettre de recueillir 50 % de denrées supplémentaires. Cette générosité, plus forte encore que les années précédentes, permettra de poursuivre les distributions alimentaires, tout l'été, pour les personnes les plus en difficulté.
(*) : Ain (01), Alpes de Haute-Provence (04), Ardennes (08), Corrèze (19), Corse (20A), Cote d'Or (21), Indre-et-Loire (37), Lot (46), Lozère (48), Maine-et-Loire(49), Oise (60), Orne (61), Pyrénées Atlantiques (64), Pyrénées Orientales (66), Tarn-et-Garonne (82), Var (83), Vienne (86).
Les Restos restent ouverts toute l'année
En effet, la fin de cette 24e campagne ne signifie pas la fermeture des Restos du C½ur. Comme chaque année, l'association poursuit son aide alimentaire d'urgence entre avril et novembre.
Mais surtout, Accompagnement scolaire, Camions du C½ur, Maraudes, Ateliers et Chantiers d'Insertion, accueils de jour, hébergements d'urgence, Toits du C½ur... Toutes ces structures des Restos du C½ur restent actives tout au long de l'année.
L'aide humanitaire en garde à vue !
En février, un bénévole d'Emmaüs et un bénévole des Restos ont été mis en garde à vue parce qu'ils apportaient une aide humanitaire d'urgence à des personnes en situation irrégulière ! Le paradoxe est que s'ils ne l'avaient pas fait, ils auraient pu être poursuivis pour non assistance à personne en danger.
Lors de son discours devant le Conseil Economique et Social du 17 octobre 2007, le Président de la République a confirmé le principe de l'aide humanitaire inconditionnelle. C'est ce qu'avaient toujours réclamé les Restos du C½ur.
Il est indispensable de faire évoluer très rapidement la loi, pour respecter cet engagement, pour ne pas décourager les bénévoles et surtout pour éviter que les sans abri et les personnes fragiles s'éloignent des lieux d'aide humanitaire, au prix de leur vie. Elles deviennent ainsi les proies de personnes malveillantes (marchands de sommeil,...).
Les Restos espèrent amener les parlementaires à se montrer unanimes sur le sujet.
Les chantiers d'insertion en réponse à la crise
Grâce à la convention triennale signée en janvier 2009 avec le ministre de l'Emploi, les Restos du C½ur vont pouvoir maintenir mais aussi développer les Ateliers et Chantiers d'Insertion dans lesquels ils embauchent des personnes en contrats aidés.
Formidable outil pour faciliter le retour à l'emploi, ces contrats aidés qui ont prouvé leur efficacité, permettent un accompagnement renforcé des personnes ayant du mal à accéder au marché du travail. Cette convention permettra de créer cinq nouveaux Ateliers par an (complétant ainsi les 83 déjà existants) et d'offrir jusqu'à 500 chances supplémentaires de retour à l'emploi.
La générosité au rendez-vous
Dans le contexte économique actuel, les donateurs des Restos du C½ur savent que si la situation est difficile pour eux, elle l'est encore plus pour tous ceux qui ne peuvent même plus boucler les fins de mois. La générosité des donateurs a donc été sans faille et s'est même renforcée : ils ont été plus nombreux à soutenir l'association. Le don moyen a lui aussi progressé, puisqu'il passe de 91 à 97 euros.
Parallèlement, les CD et DVD des Enfoirés font leur Cinéma battent des records de vente sur leurs premières semaines de commercialisation.
Une générosité qui nous a permis de faire face : mais pour combien de temps encore ?